Départ
Chers lecteurs, je commence par vous présenter mes excuses pour ce long silence. Mon arrivée à Dublin fut trépidante et j'eus peu de temps à consacrer au Trefle. Vendredi dernier fut ma dernière journée en France, consacrée aux dernières courses administratives, aux bagages, et tout ce qu'implique une veille de départ. Je réserve évidemment mon dernier diner sur le sol natal à ma famille, diner à la fin duquel je leur fait goûter la palinka ( alcool traditionnel roumain, sur lequel je m'étendrai plus dans les chroniques roumaines). Je sors ensuite dans ma petite cité montalbanaise, pour un dernier pot avec les quelques amis disponibles (et oui, à force de tout organiser au dernier moment...). Nous sommes au premier soir des 400 coups, fête locale que j'ai plus tendance à fuir comme la peste. Jeunes aguicheuses et mâles en rût déambulent entre les manèges, qui sont les mêmes depuis des décennies, nous nous installons à une buvette un peu excentrée, place de la cathédrale, la compagnie des ivrognes étant plus douce et amusante. La soirée s'écoule, égale à toutes les autres, j'ai beaucoup de mal à me rendre compte que dans 12h j'aurai quitté le pays. Ayant eu mon permis de conduire la veille, je sers tout naturellement de taxi, et faisant la bise à chacun de mes comparses je ne saisi pas immédiatement que c'est la dernière avant des mois ( peut-être que je ne veux pas le saisir...). Bien que très fatigué, je me couche à 5h. J'aurais voulu ne jamais me lever de cette table, ne jamais finir cette bière.
Le lendemain, ou devrais-je dire quelques heures plus tard je dois me lever. La matinée passe à vitesse démesurée, les heures filent, la pendule se change en crécelle, et j'arrive à l'heure du départ sur les genoux. nous avons plusieures heures de route jusqu'à Carcassonne, seul aéroport d'où partent les coucous de Ryanair. Je suis autorisé à deux bagages en soute, 20 kg pour le tout, et dépasse largement les quotas. Un panneau me rappelle que je devrai payer 8€ par kg supplémentaire, mais je passe finalement sans heurts. J'avais prévu un bagage à main pour le vrac inutile, beaucoup tro gros pour la cabine je dois le mettre en soute aussi, pour 10€. Les adieux, déchirants malgré mon caractère très indépendant, je souhaiterai me téléporter directement en Eire, ne pas avoir le temps de penser à ce que je suis en train de faire, passer de suite à autre chose. Mon vol passa finalement très rapidemment. Mon voisin, un jeune irlandais roux et couvert de taches de rousseurs (excusez du pléonasme) me gratifie d'un "Bonn djourr", et je m'endors comme une pierre, pour me réveiller eu dessus de la mer d'Irlande.
L'aéroport étant situé plein nord et ma résidence dans la banlieue sud-est de Dublin, mes contacts sur place m'ont vivement conseillé de prendre un taxi. Les bus n'offrant aucune liaison directe et étant moi-même en mode tortue avec ma vie sur mon dos, j'opte pour cette solution bien qu'onéreuse. Le chauffeur m'offre un sightseeing gratuit. Je suis accueillis par une étudiante asiatique qui me montre mes appartements. Le flemme me dissuadant de défaire mes bagages je saisi un bouquin pour m'installer dehors, le temps superbe ( si si c'est vrai ) s'y prête. Je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir que je croise un petit groupe de compatriotes, extrèmement sympathiques. En moins d'une demie-heure je suis embarqué, direction le centre-ville, pour un apéro chez une étudiante parisienne. Français et italiens discutent autant en anglais qu'avec les mains, on passe de Chirac à Materazzi. Le plus surprenant ici est la curieuse impression que les comparses que je connais depuis quelques heures seulement sont de vieux amis ( est-ce le fameux "effet Erasmus"?). Après des débats politiques enflamés et un plat de pâtes gracieusement préparé par les italiens nous nous mîmes en route vers Temple Bar, quartier branché de dublin. Mais nous sommes en Irlande, et nous sommes du sud ! Il est 23h et tous les pubs sont remplis. Le temps d'en choisir un il est 00h, c'est l'heure de fermeture. Ma première guiness irlandaise ne sera pas pour ce soir ! Les uns rentrent chez eux en centre ville, tandis que nous (résidents de Blackrock residences) partageons un taxi. Même prix que le bus, et beaucoup plus agréable. Après une bonne heure de palabres dans la cage d'escalier je finis par rejoindre ma chambre, faire mon lit, et m'y glisser.
Pour une première soirée, ce fut une première soirée... Quel accueil ! ! !