Napoléon Sarkozy
6 mai 2007, la France a choisit son nouveau guide. Nicolas Sarkozy sera Président de la République Française pour les cinq ans à venir, et plus si affinités. Il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec un autre petit homme de l’Histoire de notre Nation, Napoléon Bonaparte, devenue Napoléon Ier, Empereur des français. Mais plus qu’une simple comparaison physique, ce sont deux histoires qui se rapprochent dans l’Histoire.
Tous deux viennent d’ailleurs, de loin. Lorsque NB naît à Ajaccio, on y est bien loin de Paris. La Corse est rattachée depuis peu à la France, géostratégie oblige, mais impensable est l’idée qu’un de ses petits et rustres qui la peuplent puisse présider aux destinées de notre Grande Nation, qui n’était d’ailleurs autre qu’une monarchie héréditaire, certes décadente, mais pas moins absolue. Quelques dizaines de décennies plus tard, ce n’est autre qu’un petit-fils de juif de Salonique, fils d’immigré hongrois, qui dès son plus jeune âge n’aura d’autre ambition que de gouverner la France. Tous deux ont des racines bien jeunes, mais si fortement et profondément ancrées dans notre sol !
Euphémisme que de dire que lorsque l’on vient de si loin la route est longue, mais pas pavée d’or. NS était pourtant mal parti, n’étant autre que le protégé d’un Balladur, alors que la famille fraîchement régnante est celle des chiraquiens, du grand rival de son mentor en politique. Mais NS est de la race de ceux qui savent que tout arrive à qui sait attendre, et qu’à force de persévérance on arrive à tout (comme dirait l’autre: « impossible n’est pas français »). De même NB est-il arrivé au sommet en douceur (bien que le mot ne convienne guère), en commençant par … un coup d’Etat. Autre temps, autres mœurs. Il aura su attendre pour passer du statut de Consul, partageant le pouvoir avec Lebrun et Cambacérès, à celui d’Empereur des français (ayant d’abord été 1er Consul, puis consul à vie). Bousculer sans brutaliser.
Tous sont enfants d’une révolution. NB celui de la grande, la sanglante, la régicide, NS celui de la petite, celle des pavés, la « moralicide ». NB se revendique volontiers l’héritier des hommes de 1789 mais déclare en même temps qu’avec lui « la Révolution est terminée ». Deux siècles plus tard NS déclare : « Je veux mettre un terme à l’héritage de mai 68 ». Deux hommes qui veulent remettre sur les rails une France bousculée. Ordre, morale, discipline, valeurs, des bases solides et nécessaires à une France qui tourne en bourrique et n’avance plus. Talleyrand disait « gouverner les hommes, c’est tenir compte de leurs vrais besoins », NB et NS ont compris que cela pouvait aller à l’encontre de leurs vraies envies, qui ont présidées à leurs destin pendant trop longtemps. A l’intérieur, redonner de l’entrain, et cimenter, harmoniser la force d’un peuple, réunis autour d’une belle et grande Nation (ni autour d’un roi pour NB, ni autour de son propre nombril pour NS). A l’extérieur protéger un pays affaiblis par ses tumultes intestins, et livré en proie aux convoitises voisines, territoriales à une époque, économiques aujourd'hui. Lorsque NB protège la France contre l’attaque austro-prussienne, NS protège ALSTOM. Lorsque NB impose un blocus continental, NS souhaite une « Europe protectrice ». Tous deux voient plus loin que la France, tous deux regardent l’Europe comme tremplin.
Enfin tous deux ont profondément lié leur destin à celui de la France. NB arrive au pouvoir à une époque ou la Révolution et les changements de régime fatiguaient les français, qui commençaient même à se demander si finalement la monarchie n’était pas plus souhaitable. Pris entre le feu des pseudo-révolutionnaires et celui de l’Europe des Rois, il n’a pas droit à l’erreur. NS est élu au moment ou la république gaulliste s’essouffle, alternances répétées et immobilisme ayant conduit certains à rêver à une VIème République. Observé de près par les français, qui espèrent que ses promesses sont autres qu’électorales, il n’a pas le droit à l’erreur. La route étroite ne laisse pas le loisir de faire demi-tour.
En ce début de siècle, comme au début du XIXème, tous les regards sont tournés vers la France. Deux petits hommes pour deux moments clés de notre Histoire.
Souhaitons ne pas être décevants, ni décus…